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Le Sol, le Socle, la Vie !


Depuis cinquante ans le sol s’est appauvri.

Tous, terriens que nous sommes, avons, gratté, sarclé, ratissé, curé,
purgé et retourné sens dessus-dessous le sol sous nos pieds.

Peu à peu cette croûte noble et enrichie des matières parvenues du monde végétal
s’est faite mince, imperméable, s’est érodée pour n’apparaitre
plus que l’ombre d’elle-même.

Le sens premier de la terre s’est altéré comme déjà la plante a pu subir
une dépréciation avec la société de consommation jusqu’à devenir interchangeable,
remplaçable et jetable.

Pourtant s’il n’est de terre capable de supporter et de sous-tendre
comme une valeur ajoutée à l’assise des plantes, il n’y a ni jardin, ni paysage.

Ce sol, tel un héritage des couches successives et empilées de la matière végétale
décomposée procède tel un alchimiste au développement des conditions physiques
et chimiques de tout un cortège d’éléments indispensables.

Peut-être parce que sous nos pieds cet univers contenu dans le sol est invisible,
sommes-nous méprisants et abrupts pour convenir qu’il est la base de la vie sur terre ?

N’est-ce pas ce socle qui renferme les conditions optimales d’une vie microbienne
présente et active à la minéralisation de la matière organique et à sa restitution
aux voies racinaires du couvert végétal ?

N’est-ce pas encore lui qui par sa porosité et sa perméabilité accueille
et stocke le flux et le reflux des précipitations régulières ou brutales
jusqu’à plus soif ?

N’est-ce pas lui non plus, ce socle vaillant, qui couvre la roche mère,
et par ses composantes l’invite à s’altérer pour lui donner matière à poursuivre
son élaboration ?

Les faits sont têtus.

Après des décennies de décapage intensif, la « mode » est au questionnement
de l’utilité de ces sols, à leur reconstitution, à leur enrichissement
et même... à leur sauvetage.

Là où autrefois le potager était désherbé, aujourd’hui nous le réensemençons.
Là où les massifs fleuris dans les villes et les villages ont été mis à nu,
nous courbons l’échine pour les couvrir de paillis végétal importé de partout
et probablement pris dans des écosystèmes qui en sont dès lors dépourvus.

Cette biomasse dans son transfert crée les conditions d’un déséquilibre quelque part
alors qu’une approche plus sensible est opportune.

Demain, jardinier du temps et de l’espace, je me questionne déjà.

Serais-je encore dans le pillage innocent de cette matière au sol livrée
pour le socle par le règne végétal ?

Je m’y refuse.

En lieu et place de cet acte ravageur, je préfère dès à présent participer
au réemploi de toutes les matières végétales fibreuses, cellulosiques,
chargées de lignine et les laisser mieux ordonnées,
arrangées dans la subjectivité d’une esthétique
là où elles se trouvent, où elles demeurent.

Cette posture réfléchie consacre l’alliance entre le jardinier planétaire
et le monde en mouvement via les plantes nourricières.

Que le sol qui fait socle et qui donne la vie....
puis la perpétue, nous en soit reconnaissant…

Jean-Laurent Félizia
Janvier 2010